Chenonceau est le château le plus visité de France après Versailles, avec plus de 800 000 visiteurs par an. Sa singularité tient à son emplacement exceptionnel : le château enjambe littéralement le Cher, rivière dont il utilise les eaux comme miroir naturel depuis plus de cinq siècles. On le surnomme à juste titre le "château des Dames".
Aux origines : les Bohier et la Renaissance
Le château actuel est construit à partir de 1513 par Thomas Bohier, receveur général des finances de François I er, et son épouse Catherine Briçonnet. Cette dernière, qui supervise les travaux pendant les longues absences de son mari en campagne militaire, imprime sur le château sa marque personnelle : des dispositions intérieures innovantes, des pièces en enfilade de part et d'autre d'une allée centrale — une nouveauté pour l'époque.
À la mort de Bohier, criblé de dettes, François I er s'empare du château en 1535.
Diane de Poitiers : le jardin et le pont
Henri II offre Chenonceau à sa favorite Diane de Poitiers en 1547. Femme de goût et gestionnaire avisée, Diane transforme le domaine : elle fait creuser le grand jardin à sa droite, élève un pont sur le Cher pour accéder aux terres d'en face, et entretient le château avec soin.
Sa rivalité avec Catherine de Médicis, épouse du roi, est légendaire. Tant qu'Henri II vit, Diane règne à Chenonceau. À la mort du roi en 1559, Catherine oblige Diane à restituer le château en échange de Chaumont-sur-Loire.
« Catherine de Médicis a toujours voulu Chenonceau. Elle l'a obtenu mais n'a jamais pu effacer Diane de sa mémoire. »
Catherine de Médicis : la galerie sur le Cher
Catherine transforme le pont de Diane en une galerie à deux étages qui enjambe le Cher — la structure spectaculaire que l'on voit aujourd'hui. Elle fait également aménager son propre jardin, symétrique à celui de Diane, et organise à Chenonceau des fêtes somptueuses pour la cour.
Lors de la Première Guerre mondiale, la galerie joue un rôle inattendu : la propriétaire de l'époque, Gaston Menier (qui a acheté le château en 1913), la transforme en hôpital militaire, traitant plus de 2 000 blessés.
Les jardins : deux créations en miroir
Les deux jardins du château — celui de Diane de Poitiers et celui de Catherine de Médicis — s'opposent géométriquement de part et d'autre de l'allée principale. Redessinés au XIXe siècle dans le style pittoresque, puis restaurés dans leur esprit Renaissance, ils sont aujourd'hui entretenus par une équipe de jardiniers permanents.
Le potager du château, lui, fournit encore les légumes et les fleurs utilisés dans la vie du domaine. Au printemps, les narcisses et tulipes créent des tapis de couleurs sous les allées de platanes.
Informations pratiques
- Adresse : 37150 Chenonceaux, Indre-et-Loire
- Horaires : ouvert toute l'année, 9h–17h (hiver) à 9h–20h (juillet-août)
- Tarifs : 15€ adulte, réduit pour enfants (vérifier sur le site officiel)
- Durée conseillée : 2 à 3 heures pour le château et les jardins
- Accès : depuis Tours (35 km), gare SNCF à Chenonceaux (ligne Tours–Vierzon)